lundi 29 décembre 2008

Istanbul

de Orhan Pamuk

Mon avis
Un livre qui m'a emportée loin de chez moi, dans une ville que je connais assez bien déjà.
J'ai aimé les descriptions, les humeurs, la fatalité nostalgique de l'auteur, sa vision de sa ville.
Un bel hommage à Istanbul.



Résumé du livre

Evocation d'une ville, roman de formation et réflexion sur la mélancolie, 'Istanbul' est tout cela à la fois. Orhan Pamuk se remémore ses promenades d'enfant, à pied, en voiture ou en bateau, et nous entraîne à travers ruelles en pente et jardins, sur les rives du Bosphore, devant les villas décrépites, dessinant ainsi le portrait fascinant d'une métropole en déclin.

La critique par Thomas Flamerion

Souvenirs de jeunesse, souvenirs en noir et blanc, un peu austères, un peu tristes. Photographie panoramique d’une cité légendaire, théâtre de grands événements et objet de maintes convoitises, à mi chemin entre le roman initiatique et le récit de voyage - bien que de voyage, ici, il n’y eut pas -, l’‘Istanbul’ de Pamuk dessine surtout le parcours littéraire du plus emblématique des écrivains turcs contemporains. Vagabond, disert, l’homme arpente les couloirs de la mémoire, des sensations fugaces et des moments forts pour dire l’amour qui le lie à Sa ville. Istanbul, son terrain de jeu, le berceau de son sang, le fief du cocon familial tentaculaire qui l’a vu grandir. Jamais ville n’aura autant participé à l’éducation d’un homme que ce diamant du Bosphore, rarement hommage plus sensible aura été rendu à la terre nourricière.
Parce qu’il est possible de se livrer avec pudeur, pour ne pas ennuyer, sans doute, pour donner à Istanbul toute sa profondeur, Pamuk en dresse un portrait polymorphe, basé autant sur ses propres impressions que sur celles de ces illustres arpenteurs. Il emprunte à Théophile Gautier, à Nerval, aux gravures de Melling, à Flaubert et à l’encyclopédie du quotidien de Resat Ekrem Koçu. Il multiplie les regards, s’attarde sur la misère, remonte le temps et voit, par-delà le mythe de Constantinople, la réalité sordide. Enfin, surtout, il explique l’immatériel, l’évanescent, avec un art consommé du sensible. Il berce son récit de ce hüzün, cet étrange mélancolie qui flotte dans l’air d’Istanbul et pénètre les âmes.
Et que dire de cette plume ? Gracile, juste, élégante, elle porte un récit dont la richesse n’a d’égale que l’incroyable attraction. Oui, Pamuk donne vie au rêve de la belle orientale, mais il réveille aussi les stigmates de l’histoire. Istanbul peut être fière, son fils est devenu grand, mais il continue, aujourd’hui encore, de compter les bateaux qui croisent dans le Bosphore.

Paru chez Folio - 547 pages.

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